Catégorie : coaching d’une jeune écrivaine

  • Coaching d’une jeune écrivaine (7)

    Ne pas avoir confiance en soi, c’est ne pas assez douter.

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    Devenir autrice ou auteur — donc artiste —, c’est apprendre à être bourré de contradictions. De contractions apparentes en tout cas.

    L’une de ces plus grosses contractions concerne les doutes et la confiance en soi.

    Un artiste, c’est quelqu’un ou quelqu’une accablé(e) de doutes mais qui ne parviendra jamais à rien s’il ne possède pas une certaine confiance en lui. Je dirais même un confiance aveugle.

    Le problème est encore plus prégnant lorsque l’on s’appelle Nancy et que l’on a seulement 17 ans et aucune expérience derrière soi. La jeune autrice que j’accompagne.


    Partout ailleurs

    Bien sûr que les artistes ne sont pas les seuls à entretenir cette contradiction.

    Le cuisinier étoilé qui doit préparer un repas important a confiance en lui, mais il doute aussi d’être capable de réussir son festin ce jour-là.

    La sprinteuse du 400 mètres a confiance en ses performances, mais elle peut douter de sa réussite le jour J, le jour de la course.

    Le gamer d’eSport a confiance en lui, en sa team, mais il peut douter d’être le plus fort dès le premier jour d’un tournoi de la Major League Gaming.

    On pourrait multiplier à l’infini les exemples où confiance en soi et doutes ne sont pas antinomiques, ne sont pas du tout contradictoires, sont même complémentaires et très sains.

    Commençons par arrêter de les opposer, Nancy.

    La nécessité de la confiance

    Ce qui est difficile et particulier aux arts, en revanche, c’est que l’on ne possède aucune mesure, aucun outil qui permet d’estimer ce que l’on vaut. 

    Un sportif qui passe sous la barre des 10 secondes, une sauteuse qui franchit les deux mètres, un informaticien qui fait réussir son programme, une cuisinière qui réussit un plat redoutable, un gamer qui réussit une étape, une mathématicienne qui résout une équation de haut niveau acquiert une confiance objective, chiffrable, mesurable, quelque chose qui touche à l’absolu. 

    C’est quelque chose de solide, d’indiscutable, sur lequel il ou elle peut s’appuyer. On pourrait presque dire que la confiance en soi est alors acquise pour de bon, une bonne fois pour toute (même si la psyché est plus complexe et que d’autres éléments entre en ligne de compte, et que le temps, l’âge, usent).

    En art, rien de cela n’existe. Personne, vraiment personne, n’est capable de nous dire ce que l’on vaut, et ce que vaut ce que l’on vient de produire. Personne et aucune jauge.

    Les récompenses ? Bien sûr il existe les prix, les récompenses. Mais ils ne sont attribués que par la subjectivité de femmes et d’hommes — rien de moins objectif. Des femmes et des hommes qui ne sont pas toujours des spécialistes ou même des connaisseurs de l’art qu’ils prétendent juger. Et les critères sont très loin d’être toujours artistiques, chacun le sait. Et quand bien même, combien peuvent en profiter, de ces quelques récompenses, parmi la multitude d’artistes qui exercent leur art ? Combien en ont reçues de sérieuses, de reconnues ? Vous en connaissez, autour de vous ?

    La réussite publique ? Ça peut être une jauge. C’est peut-être même la jauge la plus fiable puisqu’elle ne peut pas être corrompue, influencée par d’autres choses — comme le lobbying. On ne peut pas forcer le public à aimer, en tout cas pas longtemps. Mais en même temps, on sent bien que cette jauge-là ne peut pas être une valeur absolue et suffisante. Parce que le public est autant attiré par le sublime (qu’on aimerait atteindre) que le médiocre (où l’on se reconnait). Il aime tout autant The Titanic que Bienvenue chez les ch’tis.

    Voilà pourquoi :

    En art, la confiance en soi est un impératif.

    Une confiance en soi, mais aussi en l’œuvre, qui repose sur du vide, du vent, de l’impalpable, des réflexions entendues, sur une estimation subjective, sur une croyance, une foi, un sentiment, une impression. Mais qui doit être impérieuse pour pouvoir avancer.

    Cette confiance en soi là est aveugle, c’est celle de l’art.

    Elle seule, subjectivement, vient vous dire « c’est bon, continue ». Rien d’autre.


    La nécessité des doutes

    Bien sûr, il n’est pas nécessaire de débattre bien longtemps pour vanter les bienfaits du doute. Ils sont nécessaires pour rester toujours en alerte, pour ne rien prendre pour acquis, pour être capable de tout remettre en cause, tout le temps et en permanence.

    À n’importe quel moment Pénélope doit être capable de dire « ce que je tisse est mauvais, je dois faire autre chose ».

    À n’importe quel moment, il faut être capable de dire « mon personnage n’est pas assez intéressant », « ma structure est faible », « mon sujet n’est pas bien développé. », « ma thématique est mal menée », « je fais de la merde ».

    Il faut chérir les doutes.

    Se plaindre de ses doutes est une hérésie. Pleurnicher dessus est une perte d’énergie.

    Mais en réalité, les gens qui prétendent douter car ils n’ont pas confiance en eux ne se rendent pas compte d’une chose toute simple : 

    s’ils n’ont pas confiance en eux, c’est simplement 
    qu’ils ne doutent pas suffisamment
    .

    Seuls les doutes conduisent à la confiance en soi

    Comment les doutes peuvent-ils conduire à la confiance en soi ?

    C’est simple : à partir du moment où l’on a tout remis en compte, tout soupesé, tout réfléchi, tout estimé, on ne peut plus douter.

    À partir du moment où chaque personnage a été regardé, avec sincérité et honnêteté, où son parcours a été scruté et jaugé (à la lueur de tout ce que l’on peut apprendre des personnages dans les livres et sur les bons sites de narration), à partir du moment où la structure a été évaluée, estimée dans tous les sens (à la lueur de tout ce que l’on peut apprendre d’elle dans les livres et les bons sites), à partir du moment où tous les impératifs ont été vus et revus, à partir du moment où l’on a pu répondre sincèrement et honnêtement à des questions comme « trouves-tu vraiment cette histoire palpitante ? », « trouves-tu réellement qu’elle soit originale — en as-tu la démonstration ? —, dans son approche et son incarnation ? », donc à partir du moment où l’on s’est posé toutes les questions qu’on trouve un peu partout, dans les livres et les bons site de narration, il y a forcément peu de chance que l’on n’acquiert pas au moins une certaine confiance en l’œuvre que l’on travaille et, par contrecoup, en ses capacités propres.

    Les doutes doivent permettre d’atteindre cet état où l’on n’a plus de doutes.

    La confiance en soi vient de ce que l’on a su tout remettre en question, douter de tout, le plus objectivement possible, les plus sincèrement possible, le plus honnêtement possible, sans se cacher derrière son petit doigt.

    On a été obligé de donner des réponses, de faire des états des lieux et, fatalement, on a acquit l’assurance, une certaine assurance en tout cas, que l’œuvre était solide, viable. Peut-être qu’elle n’est pas géniale (ça, personne d’autre que le temps ne peut le dire, entendu qu’on mesure la génialité d’un ou d’une artiste aux effets qu’il produit cent ans au moins après sa mort), mais on sait qu’elle a une certaine valeur. On prend confiance en elle et, par contrecoup, en nous.

    Peut-être qu’elle ne sera pas choisie — comprendre : signée dans une maison d’édition —, peut-être qu’elle ne parlera pas au public, mais ça, ce sont d’autres considérations.

    Aussi, en conclusion, si l’on n’a pas confiance en soi, c’est bien que l’on n’a pas suffisant douté. Et j’en reviens donc à l’affirmation initiale, volontairement un peu provocatrice : 

    Ne pas avoir confiance en soi, c’est ne pas assez douter.


    Apprendre la confiance par les choix

    Mais revenons à Nancy. Avec elle, nous avons déjà commencé à travailler sur cette confiance.

    Et la première chose que je lui ai imposée, c’est de faire ses propres choix, à partir de ses propres doutes, en l’invitant à les cultiver, toujours.

    Évidemment qu’en tant que son coach, une des premières propositions qu’elle m’a faite a été : « Je te donne deux versions et tu choisis la meilleure. »

    À son grand dam, j’ai refusé tout net.

    Parce qu’elle seule doit apprendre à choisir, à faire les choix, à douter suffisamment de ses deux versions pour trouver la confiance qui lui permettra, toute sa vie, de choisir. Et de faire le meilleur choix en doutant.

    Entre parenthèses, lorsque je vois tous ces prétendues pédagogues (ils et elles pullulent depuis quelques années, ces gens qui n’ont jamais écrit et prétendent vous accompagner dans votre écriture) se porter juges de ce que font les apprenties autrices et les apprentis auteurs qu’ils disent accompagner, je frémis. 

    Non, un coach ne devrait jamais avoir à porter ce type de jugement. Il est là pour apprendre à la personne qu’il accompagne à le faire elle-même, pas le faire à sa place. Fuyez les coachs qui portent un jugement sur ce que vous faites, ce sont les plus dangereux : ils ramollissent votre cerveau et vous rendent dépendant d’eux.


    Nancy n’est pas bête

    Mais Nancy n’est pas bête. Elle l’a compris tout de suite et ne m’a plus jamais fait cette proposition, que ce soit sur un texte ou même sur le choix entre deux solutions pour régler un problème soulevé par son éditrice.

    Je suis vraiment heureux que nous nous soyons choisis.

    To be continued…

  • Coaching d’une jeune écrivaine (6)

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    Un vade-mecum

    Afin de faciliter les progrès de Nancy, je partage avec elle, sur mon Google Drive, un document qui rassemble toutes les indications que je lui donne au fur et à mesure de nos échanges sur ses textes.

    Le but est de fournir, sur un seul fichier, toutes les attentions qu’elle doit porter au style ainsi qu’à la narration. Pour le moment, ce sont surtout des éléments relevants du style puisque c’est surtout là qu’elle pèche un peu.

    Rien ne sert de s’acharner

    Bien entendu, je ne la reprends pas systématiquement pour « non respect des recommandations stylistiques », ça pourrait très vite devenir assez pénible. Je lui ai plutôt expliqué que nous ne chercherons pas à amener le texte à la perfection d’un seul coup. Que nous essayerons toujours, dans un premier temps, de répondre aux requêtes de l’éditrice et qu’ensuite, lorsque Nancy sera parfaitement à l’aise et que nous aurons une vision plus claire du roman corrigé, elle pourra tout reprendre pour tout affiner.

    Ce que je ne lui dis pas, c’est que je compte beaucoup sur le fait qu’elle va énormément progresser au cours de cette réécriture et qu’elle sera donc plus à-même, dans quelque temps, d’améliorer les choses.

    Rien ne sert de s’acharner.

    Contenu actuel du document

    Pour le moment, ce document contient :

    Bien entendu, nous avons assez longtemps discuté chacun des points et Nancy a pu expérimenter ce que leur respect apportait à sa prose.

    To be continued…

  • Coaching d’une jeune écrivaine (5)

    SOMMAIRE


    Rien ne sert de protéger ses écrits…

    … en tout cas, ça ne sert à rien si on s’arrête à ça.


    S’apprivoiser

    C’est avec amusement que j’ai senti que Nancy, au tout début de notre relation, ne voulait pas me lâcher son manuscrit. La confiance n’était pas encore installée, elle m’avait rencontré sur Facebook et n’avait aucune raison de me faire confiance.

    J’avais trouvé son attitude très saine. 😃

    Je l’avais même anticipé et lui avais pudiquement demandé, pour être en mesure de prendre la décision de l’accompagner ou non, de m’envoyer seulement quelques extraits, bien choisis, ou les premières pages de son roman.

    Elle a décidé de me transmettre quelques extraits (bien choisis, en plus).


    Briser la glace

    Mais à un moment donné, il fallut bien lâcher la prise, donner du lest, je ne pouvais plus me contenter de simples extraits, il fallait que je puisse juger sur la longueur, sur le souffle, à l’endurance 😃.

    Prenant le taureau par les cornes, je lui ai demandé si son manuscrit était protégé, si elle avait fait le nécessaire pour se protéger du plagiat, du vol d’idée, patati patata.

    Oui, elle avait fait tout ce que les gens qui n’y connaissent rien — c’est-à-dire les plus bavards sur FB — lui avaient conseillé de faire 🥳 : s’envoyer le manuscrit dans une enveloppe scellée, se l’envoyer par mail en PDF, faire un dépôt INPI, une enveloppe SOLEAU, à la SGDL, à la SACD, sur copyrigthdepot, etc., etc.


    Toutes choses inutiles

    La plupart des autrices et des auteurs se contentent de ce genre de protection sans savoir que ça ne sert à rien, lui dis-je.

    On ferait toutes ces démarches, toutes, notre prose n’en serait pas pour autant protégée du plagiat. Loin s’en faut.

    Heureusement, les procès pour plagiat sont rares, donc finalement on peut dire n’importe quoi sur la façon de se prémunir, puisque ça ne sert à rien, ça fonctionnera toujours. 

    L’autrice ou l’auteur se sent protégé(e) donc rassuré(e) et c’est le principal.

    Jusqu’à ce que l’on en ait vraiment besoin…

    Moi, justement, à l’heure où j’écris ces mots, je suis en procès avec deux gros producteurs de la place parisienne pour plagiat doublé de parasitisme (pour ne prendre aucun risque, je citerai leur nom dans un prochain article, lorsque le procès, et son appel, auront eu lieu — c’est déjà programmé que je fasse un article là-dessus).

    Et là, donc, on se rend compte que le dépôt est une chose utile, mais largement pas suffisante (heureusement que je le savais avant).


    Ce qui compte vraiment

    En fait, si l’on se penche sur les rares procès qui ont eu lieu, et surtout ceux, beaucoup plus nombreux, qui n’ont pas pu se faire (réglés par médiation), le problème est toujours le même, la pierre d’achoppement est toujours la même :

    Un dépôt ne sert à rien si vous ne parvenez pas à prouver que votre projet a pu être lu par celui que vous accusez de plagiat.

    Il lui suffit d’arguer haut et fort « Mais je n’ai jamais lu ce machin ! » et, ça y est, vous avez perdu, même après tous les dépôts précités.

    Même si l’on retrouve des idées identiques dans les deux œuvres. Une idée n’est jamais protégée, de toute façon, elle est toujours dans l’air (surtout si deux personnes l’ont eu en même temps…).

    Même si, mieux, on retrouve un traitement identique d’une idée (ce qui se protège vraiment).

    Même si la forme est la même, les personnages sont les mêmes…

    Parce que le premier requis, pour que le procès soit accepté par la justice (et avant par une avocate ou un avocat sérieux), c’est que l’accusateur (l’autrice, l’auteur) puisse démontrer de façon indéniable que l’accusé a bien pu lire le projet, qu’il l’a approché de très près.

    Sans cette condition, l’autrice ou l’auteur perdra toujours.


    La bonne façon de faire

    En d’autres termes, ce qu’il faut obtenir en réalité, après avoir déposé le projet quelque part, n’importe où, ce sont des preuves de lectures par ceux et celles à qui vous l’envoyez.

    J’ai expliqué à Nancy comment je m’y prenais.

    Toujours pareil.

    Lâchement.

    J’écris un mail, unique, qui n’est consacré qu’à cet envoi, donc avec le PDF joint.

    J’aborde le problème de la version papier plus bas.

    Hello Simon, ma petite brute préférée,

    Ci-joint le manuscrit de la version 4 de mon roman “Ceci n’est pas un plagiat”.

    Pourrais-tu me confirmer que tu l’a bien reçue, que je puisse être sûr qu’il n’a pas atterri dans ton dossier spams comme ça arrive fréquemment aujourd’hui quand il y a un gros fichier ?

    D’avance je te remercie, ma petite caille, et je te souhaite évidemment une bonne excellente lecture (ne t’arrête pas à la page 5 comme la dernière fois, stp)

    Bien à toi, encore merci,

    Napoléon

    Bien sûr, on peut faire, de la même manière, une version plus officielle où l’on mettra plutôt :

    Bonjour Madame, Monsieur,

    Comme convenu au cours de notre dernier échange, je vous transmets la version 4 de mon roman “Ceci n’est pas un plagiat” auquel vous avez eu la gentillesse de vous intéresser.

    Pourriez-vous me confirmer que vous avez bien reçu ce document et que vous avez pu l’ouvrir sans problème, afin que je puisse vous le renvoyer, le cas échéant, s’il a atterri dans votre dossier spams ?

    En vous remerciant d’avance, je vous en souhaite bonne réception. Je vous souhaite également de trouver dans sa lecture le même plaisir que celui que j’ai eu à l’écrire.

    En restant à votre disposition pour toute information complémentaire,

    Bien cordialement,

    Ph.P.

    Et ça ne manque pas, on reçoit pratiquement toujours le même retour.

    J’ai bien reçu votre manuscrit et j’ai pu l’ouvrir sans souci.

    Pour la version papier, il y a plusieurs moyens de faire, en joignant par exemple une petite lettre demandant au receveur de vous confirmer la bonne réception. En doublant cette lettre d’un mail envoyé quelques jours plus tard.

    Notez que pour les maisons d’édition il n’y a pas de problèmes puisqu’elles vous confirment toujours la bonne réception dudit manuscrit. Et, de toute façon, une maison d’édition ne plagiera jamais votre œuvre…


    Ça n’est pas fini

    On n’en a pas encore tout à fait fini, expliquai-je à Nancy.

    Il reste à :

    • faire un dossier portant par exemple le nom du destinataire dans un dossier “envois” du projet,
    • mettre dedans :
      • un PDF du mail d’envoi,
      • le PDF du manuscrit envoyé (c’est important, même si ça fait beaucoup de copies),
      • un PDF du mail de confirmation de bonne réception (capital — même si les autorités pourront toujours le demander au provider du plagieur),
    • compresser ce dossier,
    • le déposer par exemple sur Github, comme un repository normal.

    Je vous conseille d’avoir toujours un dépôt Github, ça vous permet de gérer facilement vos versions et, surtout, comme il s’agit d’un gestionnaire de version très sérieux, il garde scrupuleusement les traces des dates de dépôt. On pourrait même s’en contenter pour considérer que le projet est sauvé (n’ayant jamais eu vent de procès qui auraient accepté un dépôt Github, je préfère ne pas l’affirmer).

    Bien entendu, si vous êtes de caractère anxieux, ce dépôt Github doit être “privé” (private repository) afin que personne ne puisse avoir accès à votre zip.

    Et voilà, à présent, votre travail est réellement protégé et vous serez en mesure de démontrer que telle ou telle personne a bien été en contact avec votre œuvre.


    Veille documentaire

    Il ne vous reste plus qu’à suivre un peu les développements des boites à qui vous avez envoyé votre travail (un an plus tard), au cas où (dans les livres parus, les films, etc.)

    Concernant mon procès, j’ai eu la chance d’être alerté par une proche qui m’a appelé pour me dire “Oh, t’as vu, il y a ta série qui passe à la télé”. C’est de cette manière que j’ai découvert le pot aux roses (je n’ai pas la télé).

    Et malheureusement pour les producteurs crapuleux, j’avais toutes les preuves nécessaires pour prouver qu’ils avaient bien été en contact avec mon travail (ça n’a pas été compliqué, du reste, puisqu’ils l’avaient acheté… — c’est la raison pour laquelle le procès est aussi pour parasitage puisqu’en l’achetant ils m’ont empêché de le développer ailleurs).


    Ne plus dire de bêtises

    Nancy a été tout à fait rassurée de procéder de cette manière et j’ai pu, enfin, lire l’intégralité de son manuscrit ! (oui, oui, je lui ai fait le mail de bonne réception ! 😃)

    Et dorénavant, je sais qu’elle ne colportera pas ces bêtises de protection qu’on lit un peu partout et qui sont, vous l’avez compris maintenant, malheureusement vaines si on s’y arrête. 

    Sauf si, bien entendu, on considère qu’elles ne sont là que pour rasséréner la parano naturelle de l’autrice ou de l’auteur… Et là-dessus, elles sont pleinement efficaces ! 😊

    PS : Vous voulez mettre un terme à cette croyance dangereuse de la protection du manuscrit ?… N’hésitez pas à diffuser cette information autour de vous — en partageant ce post par exemple. Les futures autrices plagiées et les futurs auteurs plagiés vous en remercient d’avance 😃.


    SOMMAIRE

  • Coaching d’une jeune écrivaine (4)

    LES TROIS ÉTAPES CRÉATIVES

    SOMMAIRE


    Il est extrêmement difficile, même pour une autrice ou un auteur expérimenté, de se sentir libre dans ce travail si particulier, si systématique, si rébarbatif de la réécriture avec l’éditeur ou l’éditrice. On y passe pourtant tous au tout début (sauf avec Viviane Amy, mais c’est un cas à part).

    C’est redoutable, je m’en rends compte dès les premières modifications que Nancy effectue sur son premier chapitre. Nancy n’a strictement aucune expérience en la matière. Et l’effet est forcément désastreux, qui se résume à deux constats :

    • elle modifie ce qui fonctionne déjà,
    • elle ne touche pas à ce que son éditrice lui demande d’améliorer.

    Après discussion, elle me confie qu’elle se sent désemparée, n’a aucune idée de la façon de retravailler son texte, de retrouver la liberté qui lui a fait accoucher du manuscrit signé.

    Il faut pourtant préserver à tout prix cet esprit de liberté pour que le travail demeure un travail créatif, donc un travail où les contraintes restent stimulantes, inspirantes. 

    Rien de pire qu’un travail d’imagination qui tourne à la “check-list” de tâches à cocher.


    Trois étapes

    Pour y parvenir, après s’être mis d’accord sur le fait qu’elle ne devait en aucun cas toucher ce qui fonctionnait, je lui propose de travailler sur les passages à corriger (ceux relevés par l’éditrice) en suivant un processus très simple qui décompose le processus de l’écriture en trois phases distinctes.

    Le décomposer en trois phases à l’immense mérite de ne pas trop solliciter le cerveau, de front, sur des activités aussi incompatibles que l’imagination, l’analyse et la rédaction.

    Ces trois étapes, je les appelle :

    • LIBERTÉ
    • ANALYSE
    • RÉÉCRITURE

    Préparation

    Avant d’attaquer ces étapes, bien entendu, on note soigneusement le passage concerné (le mieux est de l’isoler dans un nouveau document). On note également ce qu’il convient de faire dessus. Augmenter le conflit ? Renforcer les personnages ? Supprimer les répétitions de schémas ? Améliorer les dialogues ? que sais-je encore ?

    Il faut en tout cas bien noter la maladie dont souffre le passage, maladie signalée par l’éditrice. 

    Pour ne pas en soigner une autre…


    ÉTAPE LIBERTÉ

    La première étape peut commencer. 

    Dans cette étape, on se donne une totale liberté, on invente ce que l’on veut, on casse tout si on en ressent le besoin, on remet tout en cause sans scrupule, on part dans toutes les directions, on joue au jeu du “et si…”, on travaille en collaboration directe avec son imaginaire, avec ses envies, avec ce que l’on ressent physiquement.

    On ne garde en tête, dans la seule petite partie rationnelle de notre cerveau, que l’indispensable : l’objectif à atteindre, la maladie à soigner. Et l’on ’efforce de concentrer ses efforts dessus, en tirant de tous les côtés. 

    Il ne faut jamais avoir peur, dans cette phase, de se perdre, de dévier, de partir ailleurs. Parfois, l’inconscient utilise des voies détournées pour parvenir au bon résultat, il faut lui faire confiance et le laisser exprimer ses vues. Il ne faut surtout pas le contrarier (il vous le rendrait en boudant…).

    Dans cette étape, il n’y a rien de pire que de couper une idée parce qu’elle ne remplit pas le cahier des charges. L’imaginaire, surtout au début, est très susceptible, ne pas le fâcher est une exigence absolue si l’on veut collaborer toute une vie avec lui.

    Dans cette phase, on se fiche comme de l’an quarante du style. On écrit comme ça vient, comme ça nous chante, comme on parle (on peut fonctionner en s’enregistrant, même). Bref, on se fiche royalement de rédaction, de formulation. Le style télégraphique est le grand style de cette partie.

    Totale liberté, donc, dans ce travail qui va prendre, disons une heure. Mais on ne doit l’arrêter que lorsqu’on sent qu’on est allé loin, assez loin. Si l’on n’a plus le temps, on remet au lendemain pour poursuivre.


    ÉTAPE ANALYSE

    Vient ensuite le temps de reprendre cette production et de l’analyser. 

    C’est la deuxième phase du brainstorming.

    Ça peut se faire le lendemain, après avoir un peu oublié, avec un esprit reposé, un œil neuf.

    On garde le premier document, qu’on duplique, par exemple. Il est toujours bon de garder des traces, pour pouvoir y revenir au cas où.

    Dans cette phase, on va tenter de séparer le bon grain de l’ivraie. Le but ultime est de ne garder que ce qui est bon et de jeter tout ce qui ne l’est pas (pour nous, à ce moment M de notre travail). 

    En gardant en tête que ce qui est bon ici doit concerner avant tout la maladie à soigner.

    C’est plus facile à dire qu’à faire, évidemment, car on ne peut jamais être certain de ses choix. D’autant plus quand on ne sait pas encore ce que l’on veut dire avec son histoire.

    Ici, donc, on va réfléchir, on va se casser la tête, on va sous-peser, on va estimer, pour ne garder que le bon, si possible l’excellent même.

    On va passer en revue chaque idée et se poser des questions comme :

    – Cette idée soigne-t-elle la maladie du passage ? Et si oui comment ? (attention, si la réponse est “non”, mais que l’idée est géniale, il faut l’intégrer, absolument — en se méfiant quand même toujours de l’illusion créée par les nouvelles idées).
    – Est-ce que c’est vraiment mieux avec cette idée ? Pourquoi ?
    – Si j’ajoute cette idée, qu’est-ce que je perds ?
    – Qu’est-ce que je gagne ?
    – En quoi cette idée s’intègre-t-elle au roman ? Aux personnages ? À la thématique ? Aux intrigues ?
    – etc.

    Bien entendu, il est possible de modifier encore des choses ici, il faut toujours prêter une oreille attentive à son imaginaire. Mais l’idée est quand même de toujours revenir à l’analyse, à l’estimation.

    (je montrerai une autre fois comment on peut estimer objectivement la valeur d’une idée, en détail, pour le moment, je ne donne que la conclusion : une bonne idée, c’est une idée qui remplit au moins 3 fonctions différentes dans l’histoire)

    Si des idées sont en concurrence, les estimer l’une et l’autre et garder celle qui semble la meilleure, la plus adaptée, la plus simple aussi.

    À la fin de cette phase, qui peut être deux fois plus longue que la précédente, on devrait avoir dégagé les nouvelles idées et, surtout, les remèdes pour soigner le passage. 

    Si ça n’est pas le cas, recommencer depuis l’étape Liberté et procéder à nouveau à l’analyse.

    Sinon, on peut passer à la suite.


    ÉTAPE ÉPURATION RÉÉCRITURE

    Maintenant que le bon grain a été recueilli, on va pouvoir épurer et réécrire.

    Ici, on ne va garder que ce qui sera vraiment utile pour modifier le passage. On duplique le document précédant pour faire ce travail.

    Et on cherche, dans un exercice normal de rédaction les meilleures formulations pour introduire les nouvelles idées. 

    C’est maintenant qu’on va vraiment se soucier de style, de bonne rédaction. De clarté et de nervosité, de forme littéraire. 

    On doit parvenir à un texte aussi bon que celui qu’on modifie. 

    Heureusement, ici, on n’a que ça à faire, puisque tous les choix doivent avoir été opérés avant.

    On n’oubliera pas, cependant, d’être très vigilant sur la longueur. Si l’éditeur ou l’éditrice a acheté un manuscrit de 300 pages, il faudra lui livrer un manuscrit de 300 pages, 320 au maximum, pas 450. Or, une des erreurs classiques de cette phase d’écriture est de gonfler le texte sans s’en apercevoir — ou, pire : en croyant bien faire. Non, le livre de 300 pages d’une primoautrice se vendra, pas celui de 600 pages. Ce sont des règles mathématiques que l’éditrice ou l’éditeur connait très bien.

    Donc, en permanence, on vérifiera la longueur. Si le passage double de longueur, le livre double de longueur. Même si c’est faux, garder toujours ce repère en tête. 

    Note : En général, si le passage est trop long, l’éditeur ou l’éditrice l’indique. Il peut mentionner qu’une réduction de 20 %, par exemple, doit être effectuée. S’assurer qu’elle a été faite dans votre version finale. Il en va du rythme du livre.


    Laisser reposer

    Un texte, c’est de la pâte à crêpe. 

    Ne pas oublier de le laisser reposer.

    Ne pas renvoyer le nouveau chapitre tout de suite.

    Plutôt, attaquer le même travail sur le chapitre suivant.

    Lorsque ce chapitre suivant reposera lui aussi, revenir sur le travail sur le chapitre courant et le peaufiner.

    Puis l’envoyer.

    Avec ou sans sucre (à vous de voir)…


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  • Coaching d’une jeune écrivaine (3)

    L’UTILITÉ D’UNE LISTE DE TÂCHES

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    Une liste de tâches utile

    Suite aux problèmes qui se sont révélés lors de la précédente étape, je décide de m’inspirer de tout ce que l’on fait intuitivement dans le travail de réécriture pour concocter une liste de tâches qui doit guider Nancy dans son travail d’écriture (en lui précisant bien qu’elle peut réaliser ces tâches dans l’ordre qu’elle voudra).

    Je note d’abord ces points essentiels.

    • Le travail de réécriture (avec la maison d’édition) ne doit jamais ressembler à une check-list dont on coche les cases après avoir fait semblant de répondre aux points perfectibles relevés. La réécriture doit être un vrai travail de création, toujours inspiré.
    • Mais afin que Nancy ne se perde pas dans tout ce qu’il y a à faire et qu’elle ne maitrise pas encore, je décide de nous appuyer sur une vraie checklist définissant le plus clairement les travaux à réaliser. Pour ce faire, on fera appel à todoist qui me semble être l’outil collaboratif le plus adéquat pour ça.
    • Grâce à Todoist, je peux définir chaque tâche avec ses sous-tâches, mettre une description pour préciser les choses, mettre des commentaires. Je définis aussi Nancy comme responsable de la tâche. Elle pourra elle aussi faire des commentaires et je lui demande, notamment, d’expliquer en deux mots ce qu’elle a fait pour répondre à l’écueil ou à la demande formulée.
    • Je n’oublie pas, dans cette liste de tâches, de mentionner aussi les points positifs relevés pour s’appuyer dessus.
    • J’ajoute également des points récurrents qu’elle doit bien garder en tête :
      • ne pas toucher à ce qui fonctionne tant qu’elle ne possède pas l’expérience suffisante ;
      • faire des brainstormings pour toujours trouver plusieurs solutions, plusieurs idées.
    • Avant l’envoi, je demande à Nancy de valider aussi deux sous-tâches plus importantes qu’il n’y parait :
      • une passe pour vérifier la « propreté » du document, au niveau de l’orthographe et aussi des coquilles qu’on laisse souvent dans ce travail (bouts de phrases répétés, mot oublié ou au contraire fautivement laissé). Pour ce travail, rien ne vaut une relecture par une intelligence artificielle, en la focalisant sur ce travail et seulement celui-là ;
      • enfin, Nancy doit s’assurer qu’elle n’a pas explosé le nombre de pages du chapitre. La longueur de la réécriture doit tourner autour du nombre de pages initiales (± 1/12e) sauf évidemment mention contraire, si elle doit drastiquement réduire la longueur ou au contraire développer une partie.

    Grâce à cette liste de tâches, je suis certain que le travail de Nancy sera plus productif et surtout qu’elle aura vraiment le sentiment d’avancer.

    Il serait génial d’avoir un système de points, c’est toujours motivant, mais il n’existe sur Todoist que sous forme de karma et je ne suis pas sûr que Nancy, simple membre, y ait accès.


    Il ne me reste plus qu’à l’inviter sur l’application et la laisser découvrir les tâches à exécuter sur son premier chapitre.


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  • Coaching d’une jeune écrivaine (2)

    ÉTAT DES LIEUX — CORRIGER LE MOINS POSSIBLE

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    Avant de commencer le travail proprement dit, un rapide état des lieux est nécessaire.

    Contrat et maison d’édition

    Je lis le contrat d’édition signé (avec accord parental) par Nancy et son père. Rien de particulier à ce niveau-là, si ce n’est l’absence d’un à-valoir. Je le signale à Nancy en lui précisant quand même que ça ne rend pas caduc ce contrat. Je lui explique simplement qu’elle ne touchera rien à la signature et que ça n’est pas bien grave. 

    Personnellement, je préfère faire supprimer cette clause de mes contrats. Elle oblige l’éditrice ou l’éditeur à avancer de l’argent, argent que l’autrice ou l’auteur devait de toute façon rembourser. Je préfère toucher des droits dès les premiers livres vendus.

    J’ai pris aussi quelques renseignements sur la maison d’édition, une petite maison d’édition parfaite pour débuter dans la publication.

    Premiers retours

    Avant d’accepter ce coaching, évidemment, j’avais pris connaissance des retours de l’éditrice sur les premiers chapitres de Nancy. Ces retours me rassurent tout à fait, ils me semblent pertinents et font preuve d’une incroyable bienveillance.

    C’est tout ce qu’il faut pour une écrivaine en herbe aussi jeune, qui a besoin d’être stimulée autant qu’elle a besoin d’être poussée à l’exigence.

    Chapitre par chapitre

    La façon de procéder pour cette réécriture avec la maison d’édition sera classique : les améliorations se feront chapitre par chapitre. Nancy reçoit la fiche de lecture d’un chapitre et doit le corriger en conséquence.

    J’ai pu également, avant d’accepter ce coaching, prendre connaissance des premiers chapitres modifiés par Nancy. Modifications qui s’appuyaient sur les directions définies par son éditrice.

    Et c’est là que j’ai pu commencer à mesurer réellement l’ampleur du travail qu’il faudrait accomplir. Au vu des divergences patentes entre les améliorations demandées et celles opérées, la tâche s’annonce redoutable.

    Corriger le moins possible

    Car, en réalité, Nancy, comme toute jeune autrice, ne sait absolument pas réécrire… Elle fonctionne à l’instinct, sur la seule base de ce que j’appelle l’imagination libre. Elle corrige ce qui était souligné dans la fiche comme bon et elle laisse en l’état ce qui avait été noté comme perfectible…

    Après discussion avec Nancy, elle m’avoue qu’elle se sent désemparée, qu’elle a peur. Je la rassure comme je peux sur le fait qu’elle serait capable d’y arriver et que la peur est une excellente conseillère, à partir du moment où l’on s’en fait une amie.

    Et j’en profite pour lui donner la première leçon importante : quand on ne sait pas encore réécrire, on doit corriger le moins possible. Dans le cas contraire, on est certain de perdre l’essence de son histoire, de perdre sa magie, son intérêt. En une soirée, on est capable de retirer ce qui avait demandé des mois d’écriture, de réflexion, d’inspiration. On travaille en dépit de tout bon sens et l’on perd la substantifique moelle pour n’ajouter que de la graisse mal sentie.

    Alors qu’il aurait fallu corriger le moins possible et de façon chirurgicale, s’attacher presque exclusivement aux problèmes relevés, en leur trouvant une solution aussi inspirée que raisonnée.

    Première tâche

    Ma première tâche va donc consister à trouver le moyen de briser ce comportement, à trouver les modes opératoires et les outils qui permettront à Nancy de travailler en toute quiétude, de se rassurer pour adopter une attitude productive face à son travail. Et de développer une technique tout en préservant — c’est capital — son instinct qui semble d’une rare pertinence.

    Ça ne sera pas simple, je ne l’ai jamais fait avec une personne aussi jeune et possédant si peu d’expérience (sans parler des problèmes qu’elle rencontre dans sa vie privée et que je ne détaillerai pas ici).

    Et cette recherche fera l’objet du prochain épisode.


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  • Coaching d’une jeune écrivaine (1)

    UN CONTRAT CLAIR

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    État des lieux

    Pour le respect de son anonymat, j’appellerai Nancy la jeune écrivaine que je coache (son vrai prénom est aussi à consonance américaine mais je n’en dirai pas plus). Dans la réalité, elle est mineure et vient de signer son premier contrat d’édition (un vrai contrat, dans une maison d’édition à compte d’éditeur) — avec accord parental. Après discussion avec son éditrice, j’ai accepté de la coacher dans son travail de réécriture.

    Je partagerai ici toutes les choses que je pourrais avoir à lui transmettre, qui peuvent peut-être — c’est en tout cas mon plus grand souhait — servir à d’autres écrivains ou écrivaines en herbe, en leur souhaitant d’être aussi talentueuses ou talentueux que Nancy. 

    En sachant que cette dernière n’a aucune expérience, n’écrit que depuis quelques années — depuis très peu de temps sérieusement — et ne connait rien au monde de l’édition, le chemin pour parvenir à la version publiable devrait être long et semé de d’embuches.

    Le cadre précis du coaching

    La première chose que nous avons faite, Nancy et moi, a été de définir ensemble le cadre précis du coaching 🖼️. Ça pourrait paraitre dérisoire, subalterne et même trivial, c’est au contraire déterminant pour la bonne marche d’une telle entreprise. Ce cadre a été ensuite validé par l’éditrice.

    Le contrat n’est pas lourd, il tient sur un ticket de métro en deux points essentiels :

    1. le rôle qui m’est dévolu se limitera au travail exclusif sur les directions, remarques et suggestions de l’éditrice,
    2. l’absolu respect du statut d’autrice de Nancy, qui doit rester créatrice de son œuvre.

    Pour les détailler, le ticket de métro ne suffira pas.

    Pour le PREMIER POINT, mon rôle se limitera donc à aider Nancy à réaliser les attentes de son éditrice sur son projet de roman. Je ne devrai en aucun cas proposer d’autres pistes, d’autres directions (en tout cas pas sans passer par la validation de la maison d’édition). Ce rôle comprend bien entendu de passer par la compréhension claire, par Nancy, des concepts narratifs ou littéraires inhérents aux remarques, qui sont souvent expéditives. Ceux, en tous cas, qu’elle ne connaitrait pas déjà (et comme son écriture est essentiellement instinctive — et elle doit le rester —, elle applique beaucoup de théorie sans le savoir ni la connaitre).

    Nancy, de cette façon, n’aura qu’un seul son de cloche. Et c’est toujours mieux, surtout lorsque l’on accomplit sa première réécriture dans le cadre d’une publication professionnelle, travail redoutable, croyez-moi, encore plus lorsque l’on est jeune.

    Pour le SECOND POINT tout aussi capital, le statut du respect d’autrice, il passe par le fait que chaque mot, chaque phrase, chaque paragraphe, chaque scène, chaque idée du manuscrit final prêt à la publication sera l’œuvre exclusive de Nancy. En tant que coach, je ne me substituerai donc jamais à son rôle d’autrice, ne réécrirai jamais le moindre mot ni ne lui proposerai jamais la moindre idée. Je suis là pour l’aider à accoucher de son projet, pas pour lui mettre mon propre bébé dans les bras.

    Nancy, de cette manière, pourra être fière de son travail et certaine que ce sont ses idées et seulement ses idées qu’elle a réalisées. Même si, ne nous leurrons pas, il faudra parfois les accoucher au forceps 😁 (ce qui nécessitera beaucoup de bienveillance et d’humour).

    Mais ça, ce sera pour de prochains épisodes.


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