Coaching d’une jeune écrivaine (2)

ÉTAT DES LIEUX — CORRIGER LE MOINS POSSIBLE

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Avant de commencer le travail proprement dit, un rapide état des lieux est nécessaire.

Contrat et maison d’édition

Je lis le contrat d’édition signé (avec accord parental) par Nancy et son père. Rien de particulier à ce niveau-là, si ce n’est l’absence d’un à-valoir. Je le signale à Nancy en lui précisant quand même que ça ne rend pas caduc ce contrat. Je lui explique simplement qu’elle ne touchera rien à la signature et que ça n’est pas bien grave. 

Personnellement, je préfère faire supprimer cette clause de mes contrats. Elle oblige l’éditrice ou l’éditeur à avancer de l’argent, argent que l’autrice ou l’auteur devait de toute façon rembourser. Je préfère toucher des droits dès les premiers livres vendus.

J’ai pris aussi quelques renseignements sur la maison d’édition, une petite maison d’édition parfaite pour débuter dans la publication.

Premiers retours

Avant d’accepter ce coaching, évidemment, j’avais pris connaissance des retours de l’éditrice sur les premiers chapitres de Nancy. Ces retours me rassurent tout à fait, ils me semblent pertinents et font preuve d’une incroyable bienveillance.

C’est tout ce qu’il faut pour une écrivaine en herbe aussi jeune, qui a besoin d’être stimulée autant qu’elle a besoin d’être poussée à l’exigence.

Chapitre par chapitre

La façon de procéder pour cette réécriture avec la maison d’édition sera classique : les améliorations se feront chapitre par chapitre. Nancy reçoit la fiche de lecture d’un chapitre et doit le corriger en conséquence.

J’ai pu également, avant d’accepter ce coaching, prendre connaissance des premiers chapitres modifiés par Nancy. Modifications qui s’appuyaient sur les directions définies par son éditrice.

Et c’est là que j’ai pu commencer à mesurer réellement l’ampleur du travail qu’il faudrait accomplir. Au vu des divergences patentes entre les améliorations demandées et celles opérées, la tâche s’annonce redoutable.

Corriger le moins possible

Car, en réalité, Nancy, comme toute jeune autrice, ne sait absolument pas réécrire… Elle fonctionne à l’instinct, sur la seule base de ce que j’appelle l’imagination libre. Elle corrige ce qui était souligné dans la fiche comme bon et elle laisse en l’état ce qui avait été noté comme perfectible…

Après discussion avec Nancy, elle m’avoue qu’elle se sent désemparée, qu’elle a peur. Je la rassure comme je peux sur le fait qu’elle serait capable d’y arriver et que la peur est une excellente conseillère, à partir du moment où l’on s’en fait une amie.

Et j’en profite pour lui donner la première leçon importante : quand on ne sait pas encore réécrire, on doit corriger le moins possible. Dans le cas contraire, on est certain de perdre l’essence de son histoire, de perdre sa magie, son intérêt. En une soirée, on est capable de retirer ce qui avait demandé des mois d’écriture, de réflexion, d’inspiration. On travaille en dépit de tout bon sens et l’on perd la substantifique moelle pour n’ajouter que de la graisse mal sentie.

Alors qu’il aurait fallu corriger le moins possible et de façon chirurgicale, s’attacher presque exclusivement aux problèmes relevés, en leur trouvant une solution aussi inspirée que raisonnée.

Première tâche

Ma première tâche va donc consister à trouver le moyen de briser ce comportement, à trouver les modes opératoires et les outils qui permettront à Nancy de travailler en toute quiétude, de se rassurer pour adopter une attitude productive face à son travail. Et de développer une technique tout en préservant — c’est capital — son instinct qui semble d’une rare pertinence.

Ça ne sera pas simple, je ne l’ai jamais fait avec une personne aussi jeune et possédant si peu d’expérience (sans parler des problèmes qu’elle rencontre dans sa vie privée et que je ne détaillerai pas ici).

Et cette recherche fera l’objet du prochain épisode.


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