UN CONTRAT CLAIR
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État des lieux
Pour le respect de son anonymat, j’appellerai Nancy la jeune écrivaine que je coache (son vrai prénom est aussi à consonance américaine mais je n’en dirai pas plus). Dans la réalité, elle est mineure et vient de signer son premier contrat d’édition (un vrai contrat, dans une maison d’édition à compte d’éditeur) — avec accord parental. Après discussion avec son éditrice, j’ai accepté de la coacher dans son travail de réécriture.
Je partagerai ici toutes les choses que je pourrais avoir à lui transmettre, qui peuvent peut-être — c’est en tout cas mon plus grand souhait — servir à d’autres écrivains ou écrivaines en herbe, en leur souhaitant d’être aussi talentueuses ou talentueux que Nancy.
En sachant que cette dernière n’a aucune expérience, n’écrit que depuis quelques années — depuis très peu de temps sérieusement — et ne connait rien au monde de l’édition, le chemin pour parvenir à la version publiable devrait être long et semé de d’embuches.
Le cadre précis du coaching
La première chose que nous avons faite, Nancy et moi, a été de définir ensemble le cadre précis du coaching 🖼️. Ça pourrait paraitre dérisoire, subalterne et même trivial, c’est au contraire déterminant pour la bonne marche d’une telle entreprise. Ce cadre a été ensuite validé par l’éditrice.
Le contrat n’est pas lourd, il tient sur un ticket de métro en deux points essentiels :
- le rôle qui m’est dévolu se limitera au travail exclusif sur les directions, remarques et suggestions de l’éditrice,
- l’absolu respect du statut d’autrice de Nancy, qui doit rester créatrice de son œuvre.
Pour les détailler, le ticket de métro ne suffira pas.
Pour le PREMIER POINT, mon rôle se limitera donc à aider Nancy à réaliser les attentes de son éditrice sur son projet de roman. Je ne devrai en aucun cas proposer d’autres pistes, d’autres directions (en tout cas pas sans passer par la validation de la maison d’édition). Ce rôle comprend bien entendu de passer par la compréhension claire, par Nancy, des concepts narratifs ou littéraires inhérents aux remarques, qui sont souvent expéditives. Ceux, en tous cas, qu’elle ne connaitrait pas déjà (et comme son écriture est essentiellement instinctive — et elle doit le rester —, elle applique beaucoup de théorie sans le savoir ni la connaitre).
Nancy, de cette façon, n’aura qu’un seul son de cloche. Et c’est toujours mieux, surtout lorsque l’on accomplit sa première réécriture dans le cadre d’une publication professionnelle, travail redoutable, croyez-moi, encore plus lorsque l’on est jeune.
Pour le SECOND POINT tout aussi capital, le statut du respect d’autrice, il passe par le fait que chaque mot, chaque phrase, chaque paragraphe, chaque scène, chaque idée du manuscrit final prêt à la publication sera l’œuvre exclusive de Nancy. En tant que coach, je ne me substituerai donc jamais à son rôle d’autrice, ne réécrirai jamais le moindre mot ni ne lui proposerai jamais la moindre idée. Je suis là pour l’aider à accoucher de son projet, pas pour lui mettre mon propre bébé dans les bras.
Nancy, de cette manière, pourra être fière de son travail et certaine que ce sont ses idées et seulement ses idées qu’elle a réalisées. Même si, ne nous leurrons pas, il faudra parfois les accoucher au forceps 😁 (ce qui nécessitera beaucoup de bienveillance et d’humour).
Mais ça, ce sera pour de prochains épisodes.
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